Amicale des Anciens élèves des écoles d'Ondes et de Toulouse-Auzeville
Notre prochaine réunion aura lieu à AUZEVILLE le SAMEDI 10 OCTOBRE 2026 - RETENEZ cette date !
Histoire du lycée d’Auzeville
(Texte de Bernard OPERIE, ancien proviseur adjoint du Lycée)
40ème anniversaire de l’établissement - 11 Octobre 2008

1. La création du Complexe d’Enseignement Agricole d’Auzeville
C’est dans le cadre des lois de Juin – Juillet 1960, puis celle du 2 Août portant sur l’enseignement secondaire agricole, qu’est lancé un important programme de construction et d’extension d’établissements d’enseignement agricole afin d’assurer, sur l’ensemble du territoire national, une meilleure formation des agriculteurs.
D’autres textes réglementaires viennent, jusqu’en 1968, conforter le dispositif mis en place.
Ainsi en Midi Pyrénées, doivent s’ajouter à ceux déjà existant seize collèges agricoles masculins d’une capacité de 250 élèves chacun, cinq collèges féminins ainsi que six lycées agricoles pouvant accueillir 400 élèves chacun.
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Implantations publiques existantes |
Objectifs d’implantations |
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Ariège |
Lycée de Pamiers |
1 lycée, 4 collèges masculins et 3 collèges féminins |
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Aveyron |
Ecole d’hiver de Millau Collège féminin de Villefranche de Rouergue |
1 lycée, 3 collèges masculins et 2 collèges féminins |
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Haute Garonne |
Lycée d’Ondes Ecole mixte de St Gaudens |
1 lycée, 4 collèges masculins et 3 collèges féminins |
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Gers |
Collège d’Auch-Beaulieu Collège féminin d’Auch-Lavacant |
1 lycée, 3 collèges masculins et 2 collèges féminins |
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Lot |
Ecole d’hiver de Cahors Ecole ménagère de Juillac |
3 collèges masculins et 1 collège féminin |
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Htes Pyrénées |
Collège de Vic Bigorre Ecole d’hiver de Bagnères de Bigorre Collège féminin de Tarbes |
1 lycée, 1 collège masculin et 1 collège féminin |
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Tarn |
Lycée d’Albi Collège de Lavaur Collège féminin de Fontlabour |
1 lycée, 3 collèges masculins et 2 collèges féminins |
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Tarn et Garonne |
Ecole d’hiver de Montauban Collège féminin de Montauban-Capou |
1 lycée, 2 collèges masculins et 1 collège féminin |
Ce développement entraine le recrutement d’un plus grand nombre de professeurs d’enseignement général et d’enseignement technique plus spécialisés que leurs prédécesseurs. A cet effet : l’ENSSAA (Ecole Nationale Supérieure des Sciences Agronomiques Appliquées) d’abord installée à l’INA de Paris puis à partir de 1997 à Dijon, formera les professeurs de lycée ingénieurs d’agronomie. Les professeurs certifiés seront issus jusqu’en 1989 de l’INFPCEA (Institut national de formation des professeurs certifiés de l’enseignement agricole) créé en annexe de l’ENSSAA. Une section pédagogique créée en annexe de l’ENITA de Bordeaux formera les professeurs de collèges masculins tandis que leurs homologues pour les collèges féminins émaneront des ENFA (Ecole Nationale Féminine d’Agronomie) de Clermont Ferrand et Toulouse. (Décret du 25 Mars 1964).
C’est ainsi qu’à Toulouse, l’Ecole ménagère agricole d’abord installée au Château de Monlon en Octobre 1946 puis déplacée en 1954 sur les 2 hectares du Domaine de Clairfond, devient en 1963 Ecole d’Enseignement Technique Agricole Féminin, pour évoluer dès 1964 en Ecole Nationale Féminine d’Agronomie, avec pour mission de former des enseignantes et des cadres féminins agricoles et para-agricoles.
La démultiplication de ses activités va conduire l’ENFA à rechercher un lieu d’implantation plus important.
C’est dans ce contexte national et local que nait le complexe agricole d’Auzeville.
Sa création est vigoureusement portée par M. Daniel Brisebois (1912 – 2002), Ingénieur Général d’Agronomie de 1965 à 1975, qui souhaite alors réunir sur un même site :
- l’enseignement technique avec :
. le lycée agricole départemental et son exploitation annexée
. un collège agricole féminin
. un centre de formation professionnelle
. l’ENFA
- divers services précédemment dispersés sur l’agglomération Toulousaine en particulier :
. les services administratifs de l’Inspection Générale d’Agronomie située avec la Direction des Services Agricoles, rue Ozenne à Toulouse
. les services de la Protection des Végétaux implantés à Balma
Or c’est dans cette période que s’implantent également dans le même secteur:
- la recherche agronomique qui quitte Plaisance du Touch pour s’installer à Auzeville avec une station d’agronomie, une station d’amélioration des plantes, une station de technologie et de pathologie végétale et une station de génétique animale, générant ainsi des besoins importants en terrains d’expérimentation.
- la SAFER Gascogne Haut Languedoc.
En ce qui concerne l’enseignement technique, le Ministère de l’Agriculture qui est disposé à construire « un complexe universitaire agricole » en Haute Garonne, demande que le terrain soit acquis par les collectivités territoriales et rétrocédé à l’Etat, celui-ci investissant dans la construction et les équipements des établissements.
Réuni en session le 21 Mars 1963, le Conseil Général de la Haute Garonne vote par 21 voix contre 5 le projet d’achat de 108 Ha de terrains situés sur le territoire de la commune d’Auzeville, entre la RN 113 et le Canal du Midi.
La procédure de déclaration d’utilité publique est lancée en Mai 1965.
L’acquisition du foncier, réalisée en grande partie par expropriation et pour une part infime à l’amiable, date de la fin de l’année 1965.
i l s’agit de terrains agricoles, situés en grande partie en zone inondable, mis en culture et portant quelques bâtiments. Certains seront détruits comme la maison de maître dite « château Vassal » devenue dans les années 1960 maison de retraite pour handicapés appelée « Vassal Mon Foyer » ainsi que deux fermes dont celle de Vallat. Par contre seront conservées la ferme de Beguet et celle de Borde Rouge.
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Château Vassal
Environ 70 ha de l’emprise foncière seront affectés à l’exploitation annexée au lycée, le reste étant dévolu aux nouveaux bâtiments, voiries et abords. La construction des locaux débute en 1966 pour se terminer en 1969 avec le gymnase et le bâtiment 28.
Le programme comprend :
- un bâtiment réservé à l’Inspection Régionale de l’Enseignement Agricole
- l’ENFA
- un collège agricole féminin
- un lycée agricole
- un ensemble de bâtiments communs aux différents établissements : amphithéâtre, cuisine et annexes, restauration, chaufferie
- deux groupes d’installations sportives
- un ensemble de logements de fonction
Les architectes A. Remondet (Grand Prix de Rome) et P. de Noyers élaborent un plan de masse répondant à la double nécessité d’indépendance de chaque établissement et d’utilisation commune des Services Généraux. Les bâtiments réalisés en ossature béton armé avec parement en briques sont entourés d’espaces paysagers. Pour certains d’entre eux, tel que l’amphithéâtre ou les foyers, le sculpteur M. Longuet intègre en façade une structure de briques en relief afin de rompre la monotonie de l’ensemble.
2.1 Le lycée
Le lycée agricole d’Auzeville est issu du transfert du lycée agricole d’Ondes.
A l’origine, l’établissement d’Ondes est une Ecole pratique créé par arrêté ministériel du 31 Août 1889. Il s’étoffe en 1905 d’une Ecole d’agriculture d’hiver puis en 1942 d’une Ecole de motoculture. Devenu Ecole régionale d’agriculture le 3 Septembre 1906, puis lycée agricole par décret du 28 Juin 1968, Ondes est reclassé en Collège agricole le 7 Octobre 1968 à la création du lycée d’Auzeville.
D’autre part, dès Octobre 1968, le lycée assure la gestion de toute l’infrastructure commune du Complexe d’Auzeville (Inspection générale d’agronomie, ENFA, lycée, collège, formation continue et apprentissage): service de restauration, amphithéâtre, voiries, espaces verts, électricité, eau et chauffage. Dès son installation, l’agent comptable met en place des comptabilités annexes « autonomes » pour la gestion des divers établissements et des services rattachés à l’établissement principal. En 1972 cette gestion autonome des Services généraux sera transférée à l’ENFA.
Ses structures pédagogiques présentent des spécificités, notamment :
Ces spécificités sont la conjugaison de l’héritage des enseignements dispensés par le lycée agricole d’Ondes et de la proximité du réseau de formation émanant du pôle universitaire (Université des sciences Paul Sabatier), des écoles d’enseignement supérieur (ENFA, Ecoles d’ingénieurs et Ecole vétérinaire), des centres de recherches (INRA) et d’expérimentation (Station inter-instituts, Service de la Protection des végétaux).
Elles se trouvent confortées par le vivier de recrutement d’élèves et d’étudiants issu du milieu urbain et périurbain environnant.
Ces structures pédagogiques évoluent ensuite en fonction des orientations et modifications conduites par le Ministère de l’agriculture, en particulier :
Ainsi, ces reformes entrainent la création à Auzeville de diverses filières:
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C’est dans ce nouveau cadre qu’à Auzeville :
Parallèlement à l’évolution due à ce cadre général, plusieurs modifications interviennent dans les modalités de recrutement, le contenu des programmes, les débouchés professionnels et poursuites d’études possibles à l’issue des formations. Ceci se traduit à Auzeville par:
D’autre part, l’importante réflexion pédagogique initiée à la fin des années 1970, en grande partie basée sur l’expérimentation FOCEA et les travaux de l’INRAP, débouche en 1985 sur une révision des contenus des programmes et des modalités d’enseignement (enseignement modulaire, enseignement par objectifs, pluridisciplinarité). De même, est instauré un contrôle continu en cours de formation participant à la délivrance des diplômes finaux.
L’harmonisation des cycles de formation et des diplômes avec ceux de l’Education nationale initiée par la loi du 9 Juillet 1984 pour l’enseignement agricole public et les divers décrets d’application qui suivront, s’illustre à Auzeville par :
L’évolution des structures pédagogiques du lycée d’Auzeville connait également des périodes clés, résultante de volontés précises de l’administration centrale ou régionale, ou de projets initiés par les directeurs et les équipes administrative et pédagogique en place.
Il en est ainsi de :
Les évolutions ainsi décrites provoquent l’augmentation des effectifs d’élèves et étudiants présents.
En 1968, le lycée compte 300 élèves inscrits et le collège 100. Depuis le milieu des années 1990, l’effectif de l’établissement oscille dans une fourchette allant de 620 à 650 élèves et étudiants auxquels s’ajoutent les 100 à 120 étudiants préparationnaires du lycée Ozenne scolarisés sur le site.
Une partie importante des élèves du secondaire (seconde, premières et terminales) et la quasi-totalité des étudiants des classes préparatoires sont logés en internat car l’aire de recrutement est vaste, dépassant très largement les limites de la région. Les bâtiments d’internat permettent ainsi d’accueillir en semaine plus de 300 garçons et filles, les étudiants préparationnaires restant également le week-end.
Dès sa création le lycée présente de très bons résultats aux examens et concours, conséquence d’un recrutement qui n’a jamais fait défaut et de l’implication des équipes pédagogiques dont la préoccupation majeure est la réussite des élèves et étudiants présents.
Ainsi, une année « normale » a un taux de réussite variant de 80 à 88%, tous examens et concours confondus. Au baccalauréat général S, diplôme similaire à celui de l’Education Nationale, ce taux atteint régulièrement 92 à 100%, faisant que l’établissement figure régulièrement au palmarès des cinq meilleurs lycées du département de la Haute Garonne pour cette série.
Il est enfin nécessaire d’évoquer la question des bâtiments et des équipements mis à la disposition des élèves, du personnel enseignant, administratif et de service.
L’ensemble immobilier réalisé par les architectes A. Remondet et P. de Noyers se caractérise par de nombreux bâtiments (quarante deux pour l’ensemble du complexe, répartis entre l’IGA, l’ENFA, le lycée, le collège et les Services généraux pour plus de 22000 m2 de surface développée). Ces constructions souvent constituées d’un seul rez-de-chaussée (mis à part les internats) sont entourées d’espaces verts. Disséminées sur un vaste territoire, elles sont reliées par un système de voirie étroite à l’usage des véhicules et de galeries couvertes pour les piétons. Les façades, recouvertes d’un parement de briques alternant avec le béton brut peint, sont percées de fenêtres de largeur différente rompant ainsi l’uniformité de l’ensemble.
Si leur implantation et conception architecturale ont parfois été controversées sur le plan esthétique, elles ont surtout généré des inconvénients liés à la dispersion des services, des classes et des élèves. Cette configuration a également amené quelques difficultés dans la gestion des réseaux d’eau, de chauffage, d’électricité et informatique qui s’est immanquablement révélée très complexe. Enfin, les toitures terrasses n’ont pas toujours présenté l’étanchéité requise. Il en va de même des parements de briques dont la liaison avec les murs en béton constitutifs de l’ossature des constructions s’est avérée assez rapidement défectueuse.
On peut déplorer que pendant de nombreuses années, les travaux d’entretien, d’aménagement des locaux existants voire la construction de nouvelles structures aient été pratiquement inexistants.
Ce n’est qu’à partir du début des années 1990 que divers travaux sont entrepris par tranches successives. Ils doivent répondre à la fois à l’augmentation des filières et des effectifs du lycée (+ 166 élèves entre les rentrées scolaires 1987 et 1992), aux nouvelles pratiques pédagogiques (nécessité de laboratoires scientifiques, laboratoire de langue, CDI et centre de ressources) et de vie scolaire (internat en chambre-étude remplaçant les dortoirs, foyer socio-éducatif), à l’installation et au développement du Centre d’apprentissage à partir de la rentrée scolaire 1991, à la présence et à la diversification des activités du CFPPA.
En 1992, un schéma directeur de restructuration globale de l’EPLEA est élaboré par l’établissement et présenté au Conseil régional Midi – Pyrénées. Ce dispositif propose de créer deux pôles distincts à partir des locaux existants: l’un dévolu à la formation initiale situé dans la partie « basse » du lycée, l’autre consacré à la formation continue et à l’apprentissage installé dans les locaux initialement occupés par le collège féminin et de construire de nouveaux locaux.

Bâtiment administratif du lycée
Dans le même temps un préau est crée à l’entrée du CFA puis le bâtiment 16 est agrandi et entièrement rénové pour accueillir l’administration de la formation continue et de l’apprentissage ainsi que les locaux des formateurs.
L’année 2008 voit donc se terminer un long processus de réhabilitation, restructuration, agrandissement des bâtiments et locaux permettant aux élèves, étudiants, apprentis et stagiaires ainsi qu’à l’ensemble du personnel de travailler dans un cadre adapté et agréable.
2.2 L’apprentissage et la formation professionnelle
La mise en place de ces dispositifs de formation résulte des dispositions du Décret du 15 Février 1969 qui rattache administrativement au lycée d’Auzeville :
- le collège agricole féminin d’Auzeville. Ce centre deviendra LEPAH en 1979 avant d’être supprimé et intégré au lycée à compter du 1er janvier 1981
- les centres de formation professionnelle agricole de Boulogne sur Gesse (qui sera rattaché au Collège agricole masculin de St Gaudens au 1er janvier 1972) et de Toulouse – Nord (qui sera supprimé par arrêté à la rentrée scolaire 1969 – 1970).
- le CFPPA d’Auterive
- la section de formation professionnelle agricole (ex. FPA) d’Auterive.
Le Décret du 11 Février 1970 complète cette liste par l’adjonction des:
- CFPAJ de Villefranche de Lauragais
- CFPPA d’Auzeville, le site accueillant dès leur transfert d’Ondes en 1968 les formations BTA et BTS « Promotion sociale ».
2.2.1 L’apprentissage.
La création du Centre de formation d’apprentis agricoles d’Auzeville (CFAA) est officialisée par la convention signée le 1er Janvier 1987 entre le Conseil régional Midi Pyrénées et l’organisme gestionnaire : l’EPL d’Auzeville. La convention prend effet rétroactivement à compter du 1
er Septembre 1986. Le siège administratif du CFAA est initialement localisé à Villefranche de Lauragais dans des locaux mis à disposition par la mairie.
Ce lieu accueillait jusque là un CFPAJ et un Foyer de progrès agricole.
Les formations alors mises en œuvre par le CFA débouchent sur les CAPA en 2 ans (Conducteur des machines de l’exploitation agricole ; Employés horticoles : Cultures légumières, Floriculture, Pépinières, Jardins et espaces verts ; Employé d’exploitation agricole de polyculture – élevage) ainsi que sur des formations connexes en 1 an dans les domaines de la Conduite des machines de l’exploitation agricole et de l’Horticulture.
Ces formations sont assurées dans les locaux du CFA à Villefranche de Lauragais mais aussi dans les différentes antennes réparties dans le département : école primaire d’Aucamville, CFPPA d’Auterive (pour la partie machinisme) et d’Ondes (pour la partie agricole), CES Nord de Muret.
La convention est signée pour un effectif d’apprentis se situant entre 80 et 120.
Après la suppression en 1981 du CFPAJ, seul reste à Villefranche de Lauragais le CFA avec son siège administratif et une partie de ses formations. Le reste des enseignements est assuré sur les sites d’Auterive, Auzeville, Muret et Revel.
Fin 1989, le départ à la retraite du Directeur Mr Olmos et le non renouvellement de ce poste par le Ministère de l’agriculture engendre, en termes de gestion, une période très difficile. L’intérim est d’abord assuré par le Proviseur-adjoint du lycée mais deux ans après, l’EPL doit prendre en charge le poste sur son budget. De plus, les effectifs habituellement voisins de 90 apprentis connaissent un déclin important à partir de 1988.
En 1990, cette situation délicate et la volonté de restructurer l’EPL expliquent en grande partie la fermeture de la plupart des antennes et le regroupement des apprentis sur trois sites (Villefranche de Lauragais, Muret et Auzeville) ainsi que le transfert du siège du CFA à Auzeville dans des bâtiments existants, précédemment occupés par les formations issues du LEPAH.
A partir de cette date et pendant 10 ans, plusieurs éléments importants marquent alors l’évolution du CFA, en particulier :
Ces actions « d’insertion en milieu rural » monteront ensuite fortement en puissance, en s’adaptant continuellement aux évolutions du marché du travail et au contexte réglementaire correspondant. Elles existent aujourd’hui encore, même si le CFA a laissé leur pilotage et la responsabilité de leur gestion au CFPPA d’Auzeville dès le 1er janvier 2001.
Cette augmentation substantielle d’activités a obligé le CFA à développer un réseau et un partenariat très importants avec les entreprises support de stage et de formation. Elle a également conduit le Conseil Régional Midi Pyrénées à s’engager, entre 2002 et 2004, dans un important programme de rénovation de l’ensemble des bâtiments dédiés à l’apprentissage.
A partir de 2000, le centre d’apprentissage continue à s’adapter au contexte économique et professionnel local. Cette évolution est notamment marquée par :
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Espace paysager
Aujourd’hui l’activité du CFA d’Auzeville est essentiellement tournée vers le secteur des aménagements paysagers avec des formations allant du BEPA au BTS et un projet d’ouverture d’une licence professionnelle. Les formations liées à la production agricole n’existent plus si ce n’est le maintien d’un CAPA Productions horticoles très marginal en terme d’effectif. Enfin le secteur commercial avec les produits alimentaires, les végétaux d’ornement et l’animalerie a toujours beaucoup de peine à se développer.
2.2.2 La formation continue.

A Auterive où le CFPA est rattaché au lycée par décret du 15 Février 1969.
du 15 Février 1969. Le CFPA de Toulouse Nord sera supprimé par décret à la rentrée scolaire 1969 – 1970 et celui Boulogne sera rattaché au Collège agricole masculin de St Gaudens au 1er janvier 1970.
A Boulogne sur Gesse et à Toulouse Nord où le CFPA est rattaché au lycée par ce même décret.
En résumé, seuls les deux sites d’Auterive et d’Auzeville ont véritablement été les supports de la formation professionnelle.
Même si ces deux CFPPA développent des activités dans des domaines différents, tous deux doivent par contre s’adapter continuellement aux évolutions permanentes de l’environnement législatif et réglementaire avec notamment :
- la loi du 3 Décembre 1966 qui permet de développer les formations longues et la création en 1967 du BPA nouveau régime, diplôme ouvrant l’accès depuis Septembre 1960 aux prêts spéciaux destinés aux jeunes agriculteurs.
- le décret portant création, en 1974, de la « capacité professionnelle », diplôme indispensable pour bénéficier des aides de l’Etat à l’installation.
- les lois de décentralisation de 1982.
- la loi du 9 Juillet 1984 définissant les quatre missions de l’enseignement agricole public notamment celle de la formation continue et le Décret du 29 Décembre 1985 structurant les établissements en EPLEFPA.
- la possibilité d’obtenir, dès 1989, des diplômes par unités capitalisables (UC).
Pour mener à bien toutes ces acticités, le CFPPA d’Auzeville n’a jamais disposé de locaux mais toujours fonctionné dans ceux mis à sa disposition par le lycée, y compris dans le cadre du schéma directeur de restructuration globale élaboré par l’EPL et présenté au Conseil régional en 1992.
Ces bâtiments ont néanmoins bénéficié de nécessaires travaux d’entretien tels que l’étanchéité et l’isolation des toitures – terrasses et la consolidation des parements de façades réalisés dans les années 1990 sur l’ensemble des constructions. Ils seront ensuite en grande partie rénovés avec ceux du CFA dans la période 2002 – 2004.
Cette orientation est renforcée par la présence dans ses locaux des conseillers agricoles du secteur et des permanences locales des organismes professionnels agricoles : Centre de gestion, SAFER, MSA.
Ultérieurement, pour compenser le déclin des formations agricoles et la mise en œuvre concurrentielle de plusieurs d’entre elles (BPA et BPREA) par le CFA/CFPPA « Piemont - Pyrénées » de St Gaudens, le CFPPA doit diversifier son offre de formation en s’investissant dès 1992, comme à Auzeville, dans le secteur des aménagements paysagers puis dans ceux de l’élagage, de l’entretien des cours d’eau et aménagements des berges de rivière ainsi qu’en développant des stages de lutte contre l’illettrisme.
23 L’exploitation annexée

Cette convention trentenaire de mise à disposition gracieuse des terrains et bâtiments est signée en Septembre 1970. De ce fait, la surface restant réellement à la disposition de l’exploitation annexée se trouve ramenée à 41Ha75 dont 39Ha40 de SAU.
L’exploitation prend en charge ce domaine en 1968. Un vieux corps de ferme, dénommé Beguet, datant du milieu du 19ème siècle y subsiste. Les terres sont quasiment restées en friche depuis 5 ans (début de l’expropriation). Le contre canal est bordé par une bande de broussailles de 20 mètres de large sur une longueur 1200 mètres.
Les premières années d’exploitation permettent de restructurer et d’homogénéiser les sols grâce à divers travaux d’amélioration foncière:
- 1969 : Nivellement des parcelles et arrachage d’arbres. Curage de fossés. Drainage.
- 1970 : Nivellement. Débroussaillage
- 1973 : Drainage de la parcelle expérimentale ITCF (Institut Technique des Céréales et des Fourrages).
- 1977 et 1979 : Recalibrage des fossés et drainage de 15 Ha supplémentaires.
Pour compléter le vieux corps de ferme de Beguet un hangar métallique de 240m2 est construit en 1971. Il est utilisé pour abriter le matériel d’exploitation et pédagogique, l’animalerie pédagogique et le car du lycée.
Dans les projets présentés en 1967, l’exploitation agricole doit comporter, outre les productions végétales, un troupeau de vaches laitières Frisonne Pie Noire et un atelier porcin pour la production de porcelets reproducteurs et de porcs charcutiers.
En fait, la réduction initiale de sa SAU pour les besoins expérimentaux de l’INRA et l’importance de l’habitat urbain environnant défavorable à l’installation des productions animales (notamment l’atelier porcin nécessitant une réponse favorable à l’enquête « comodo-incomodo ») oriente dès le départ l’exploitation vers :
Ces orientations répondent également à la nécessité, qui s’impose à cette exploitation nouvellement venue dans le secteur, de s’insérer dans le milieu agricole départemental.
Les premières expérimentations sont réalisées dès 1969 avec le Syndicat Professionnel de l’Industrie des Engrais Azotés (SPIEA).
Puis, par convention décennale (du 1.1.1971 au 1.1.1991), 5Ha70 de terres sont mis à disposition de l’ITCF pour réaliser une expérimentation portant sur les techniques de travail su sol.
Cette expérimentation agrège par ailleurs une importante série d’essais de l’ITCF (essais variétés, essais désherbage) et du Service de la Protection des Végétaux (essais d’homologation de produits phytosanitaires). Elle favorise aussi d’étroits contacts entre l’enseignement agricole et les organismes de développement, les établissements semenciers et les firmes phytosanitaires. Elle est en outre un excellent support pédagogique pour les formations du lycée, en particulier celle menant au BTS Productions végétales. Ces liens étroits entre le lycée et l’ITCF continueront à exister bien après le départ de l’ITCF à Villenouvelle et l’implantation de la station inter-instituts constituée de l’ITCF, de l’Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) et de l’Association de Coordination Technique Agricole (ACTA) à Baziège dans le Lauragais.
Sous la conduite des chefs d’exploitation successifs, Charles Mazières en 1968 puis Daniel Sintès et Joseph Desbarax à partir de 1985, de nombreuses autres expérimentations sont réalisées sur les terres de l’exploitation, notamment :
Parallèlement, la convention de Septembre 1970 signée avec l’INRA développe des liens étroits entre les ingénieurs, ouvriers et techniciens du lycée et ceux du centre de recherche. Elle acte la mutualisation de leur matériel de culture, des interventions des chercheurs dans les enseignements donnés aux étudiants de BTS Productions végétales. Ces interventions pédagogiques se dilueront malheureusement assez rapidement avec le temps.
dès le milieu des années 80, le contexte économique propre aux grandes cultures conduit l’ensemble des agriculteurs à gérer de manière plus rigoureuse les intrants utilisés. Pour répondre à ces préoccupations auxquelles elle est également sensible, l’exploitation du lycée s’attache alors à orienter son système de production vers des pratiques plus raisonnées, à plus faible niveau d’intrants, pour dégager les marges financières nécessaires à son fonctionnement.
Parcelle expérimentale
C’est également dans cet esprit de gestion économe mais aussi respectueux de l’environnement et rapidement adaptable aux fluctuations socio-économiques, que la station d’Agronomie de l’INRA, en lien avec celle d’Amélioration des Plantes, installe en 1995 un dispositif pluriannuel expérimental dit SGCI (Système de Grandes Cultures Intégrées) sur 30Ha pris pour partie sur le foncier sous convention et pour autre sur le foncier conduit par le lycée. Ce dispositif, structuré en parcelles de 1 à 1,5Ha, porte des cultures de blé tendre et blé dur, maïs, sorgho, pois, féverole, tournesol et soja. Il met en œuvre trois systèmes de culture, chacun décliné en trois variantes. Il durera jusqu’en 2003, l’exploitation y étant impliquée par son foncier, mais aussi par le suivi et la valorisation pédagogique des résultats obtenus.
La faible surface et la situation périurbaine très marquée de l’exploitation l’amènent rapidement à faire évoluer son système de production vers :

En outre, dans les années 1990, l’évolution de l’agriculture consignée dans son nouveau cadre législatif et réglementaire conduit l’exploitation à:
Toujours en recherche de solution pour assurer son fonctionnement, l’exploitation réactualise en 2000 la convention trentenaire qui la lie à l’INRA. Cette action a pour objectif de mettre en valeur de façon autonome une surface agricole plus importante et de retrouver la pleine utilisation de la ferme de Borde Rouge, puisque l’INRA réduit de son côté ses besoins en expérimentations au champ.
De ce fait, en 2008, soit 40 ans après sa création, l’exploitation répond aux trois missions fixées par le Ministère de l’Agriculture: pédagogie, production, expérimentation :
Sur les 53 Ha restants, 18 Ha sont conduits en Agriculture biologique, le reste en système raisonné.
L’atelier apicole, avec son cheptel moyen de 270 ruches et une production moyenne annuelle de 7 tonnes de miel, représente l’activité économique la plus importante.
L’atelier avicole produit chaque année 1800 poulets élevés en plein air.
Depuis la rentrée scolaire 2007, un atelier maraîchage de 5000 m² équipé de deux serres tunnel produit des fleurs et des légumes de saison. Cet atelier, intégralement pris en charge de la production à la vente par des élèves de classes de Seconde encadrés de leurs enseignants techniques, doit se diversifier dès l’année suivante avec des productions d’horticulture ornementale.
Depuis Décembre 2007, l’exploitation utilise des locaux neufs avec une miellerie et ses locaux annexes, un hangar, un laboratoire, des bureaux et un magasin de vente de 60m². Celui-ci permet la commercialisation directe :
Enfin, concernant le volet expérimental, l’exploitation poursuit ses différents partenariats tels que :