Histoire du Lycée d'Auzevlle

Histoire du lycée d’Auzeville

(Texte de Bernard OPERIE, ancien proviseur adjoint du Lycée)

40ème anniversaire de l’établissement - 11 Octobre 2008

 

 

                                                      

 

 

1. La création du Complexe d’Enseignement Agricole d’Auzeville

 

C’est dans le cadre des lois de Juin – Juillet 1960, puis celle du 2 Août portant sur l’enseignement secondaire agricole, qu’est lancé un important programme de construction et d’extension d’établissements d’enseignement agricole afin d’assurer, sur l’ensemble du territoire national, une meilleure formation des agriculteurs.

D’autres textes réglementaires viennent, jusqu’en 1968, conforter le dispositif mis en place.

Ainsi en Midi Pyrénées, doivent s’ajouter à ceux déjà existant seize collèges agricoles masculins d’une capacité de 250 élèves chacun, cinq collèges féminins ainsi que six lycées agricoles pouvant accueillir 400 élèves chacun.

 

Implantations publiques existantes

Objectifs d’implantations

Ariège

Lycée de Pamiers

1 lycée, 4 collèges masculins et 3 collèges féminins

Aveyron

Ecole d’hiver de Millau

Collège féminin de Villefranche de Rouergue

1 lycée, 3 collèges masculins et 2 collèges féminins

Haute Garonne

Lycée d’Ondes

Ecole mixte de St Gaudens

1 lycée, 4 collèges masculins et 3 collèges féminins

Gers

Collège d’Auch-Beaulieu

Collège féminin d’Auch-Lavacant

1 lycée, 3 collèges masculins et 2 collèges féminins

Lot

Ecole d’hiver de Cahors

Ecole ménagère de Juillac

3 collèges masculins et

1 collège féminin

Htes Pyrénées

Collège de Vic Bigorre

Ecole d’hiver de Bagnères de Bigorre

Collège féminin de Tarbes

1 lycée, 1 collège masculin et

1 collège féminin

Tarn

Lycée d’Albi

Collège de Lavaur

Collège féminin de Fontlabour

1 lycée, 3 collèges masculins et 2 collèges féminins

Tarn et Garonne

Ecole d’hiver de Montauban

Collège féminin de Montauban-Capou

1 lycée, 2 collèges masculins et 1 collège féminin

 

Ce développement entraine le recrutement d’un plus grand nombre de professeurs d’enseignement général et d’enseignement technique plus spécialisés que leurs prédécesseurs. A cet effet : l’ENSSAA (Ecole Nationale Supérieure des Sciences Agronomiques Appliquées) d’abord installée à l’INA de Paris puis à partir de 1997 à Dijon, formera les professeurs de lycée ingénieurs d’agronomie. Les professeurs certifiés seront issus jusqu’en 1989 de l’INFPCEA (Institut national de formation des professeurs certifiés de l’enseignement agricole) créé en annexe de l’ENSSAA. Une section pédagogique créée en annexe de l’ENITA de Bordeaux formera les professeurs de collèges masculins tandis que leurs homologues pour les collèges féminins émaneront des ENFA (Ecole Nationale Féminine d’Agronomie) de Clermont Ferrand et Toulouse. (Décret du 25 Mars 1964).

C’est ainsi qu’à Toulouse, l’Ecole ménagère agricole d’abord installée au Château de Monlon en Octobre 1946 puis déplacée en 1954 sur les 2 hectares du Domaine de Clairfond, devient en 1963 Ecole d’Enseignement Technique Agricole Féminin, pour évoluer dès 1964 en Ecole Nationale Féminine d’Agronomie, avec pour mission de former des enseignantes et des cadres féminins agricoles et para-agricoles.

La démultiplication de ses activités va conduire l’ENFA à rechercher un lieu d’implantation plus important.

C’est dans ce contexte national et local que nait le complexe agricole d’Auzeville.

Sa création est vigoureusement portée par M. Daniel Brisebois (1912 – 2002), Ingénieur Général d’Agronomie de 1965 à 1975, qui souhaite alors réunir sur un même site :

- l’enseignement technique avec :

. le lycée agricole départemental et son exploitation annexée

. un collège agricole féminin

. un centre de formation professionnelle

. l’ENFA

- divers services précédemment dispersés sur l’agglomération Toulousaine en particulier :

. les services administratifs de l’Inspection Générale d’Agronomie située avec la Direction des Services Agricoles, rue Ozenne à Toulouse

. les services de la Protection des Végétaux implantés à Balma

 

   Or c’est dans cette période que s’implantent également dans le même secteur:

- la recherche agronomique qui quitte Plaisance du Touch pour s’installer à Auzeville avec une station d’agronomie, une station d’amélioration des plantes, une station de technologie et de pathologie végétale et une station de génétique animale, générant ainsi des besoins importants en terrains d’expérimentation.

- la SAFER Gascogne Haut Languedoc.

 

En ce qui concerne l’enseignement technique, le Ministère de l’Agriculture qui est disposé à construire « un complexe universitaire agricole » en Haute Garonne, demande que le terrain soit acquis par les collectivités territoriales et rétrocédé à l’Etat, celui-ci investissant dans la construction et les équipements des établissements.

Réuni en session le 21 Mars 1963, le Conseil Général de la Haute Garonne vote par 21 voix contre 5 le projet d’achat de 108 Ha de terrains situés sur le territoire de la commune d’Auzeville, entre la RN 113 et le Canal du Midi.

La procédure de déclaration d’utilité publique est lancée en Mai 1965.

L’acquisition du foncier, réalisée en grande partie par expropriation et pour une part infime à l’amiable, date de la fin de l’année 1965.

 

 i l s’agit de terrains agricoles, situés en grande partie en zone inondable, mis en culture et portant quelques bâtiments.  Certains seront détruits comme la maison de maître dite « château Vassal » devenue dans les années 1960 maison de retraite pour handicapés appelée « Vassal Mon Foyer » ainsi que deux fermes dont celle de Vallat. Par contre seront conservées la ferme de Beguet et celle de Borde Rouge.

 

Château Vassal

 

 Environ 70 ha de l’emprise foncière seront affectés à l’exploitation annexée au lycée, le reste étant dévolu aux nouveaux bâtiments, voiries et abords. La construction des locaux débute en 1966 pour se terminer en 1969 avec le gymnase et le bâtiment 28.

Le programme comprend :

- un bâtiment réservé à l’Inspection Régionale de l’Enseignement Agricole

- l’ENFA

- un collège agricole féminin

- un lycée agricole

- un ensemble de bâtiments communs aux différents établissements : amphithéâtre, cuisine et annexes, restauration, chaufferie

- deux groupes d’installations sportives

- un ensemble de logements de fonction

 

Les architectes A. Remondet (Grand Prix de Rome) et P. de Noyers élaborent un plan de masse répondant à la double nécessité d’indépendance de chaque établissement et d’utilisation commune des Services Généraux. Les bâtiments réalisés en ossature béton armé avec parement en briques sont entourés d’espaces paysagers. Pour certains d’entre eux, tel que l’amphithéâtre ou les foyers, le sculpteur M. Longuet intègre en façade une structure de briques en relief  afin de rompre la monotonie de l’ensemble.

 

2.1 Le lycée

Le lycée agricole d’Auzeville est issu du transfert du lycée agricole d’Ondes.    

A l’origine, l’établissement d’Ondes est une Ecole pratique créé par arrêté ministériel du 31 Août 1889. Il s’étoffe en 1905 d’une Ecole d’agriculture d’hiver puis en 1942 d’une Ecole de motoculture. Devenu Ecole régionale d’agriculture le 3 Septembre 1906, puis lycée agricole par décret du 28 Juin 1968, Ondes est reclassé en Collège agricole le 7 Octobre 1968 à la création du lycée d’Auzeville.            

  • En raison de son éloignement de Toulouse, le lycée d’Ondes se trouve dessaisi au profit d’Auzeville :
  • d’une partie très importante de ses agents : personnel de direction (André Grosrenaud Directeur et Norbert Suau Directeur-adjoint), personnel administratif et d’éducation (Emile Thépot : Directeur des études), personnel de service, mais également une vingtaine d’enseignants de nombreuses disciplines d’enseignement général, scientifique et technique.
  • de ses structures pédagogiques : trois classes de Seconde, la filière BTA (Brevet de technicien agricole), les deux filières BTSA (Brevet de technicien supérieur agricole) une spécialisée en Productions végétales (PV) et la seconde en Economie et technique de l’entreprise agricole (ETEA) ainsi que la classe préparatoire à l’entrée à l’ENITA.
  • de son Centre de promotion sociale qui assure notamment la formation continue au BTA et au BTSA ETEA.
  • A cet ensemble de filières de formation initiale scolaire et de formation continue, sont agrégés :
  • le Collège agricole féminin. Créé de toutes pièces, il assure sous la direction de sa première directrice Thérèse Le Cuirot les filières préparant au Brevet d’apprentissage agricole (BAA) et au Brevet professionnel agricole (BPA) Economie familiale agricole et Employé d’organisme agricole et para-agricole.
  • l’exploitation agricole d’une superficie de 71 Ha, dont 30 Ha (ainsi que les bâtiments qui y sont situés) mis à disposition gracieuse, par convention trentenaire, au Centre INRA d’Auzeville, pour répondre à ses besoins en parcelles expérimentales.

D’autre part, dès Octobre 1968, le lycée assure la gestion de toute l’infrastructure commune du Complexe d’Auzeville (Inspection générale d’agronomie, ENFA, lycée, collège, formation continue et apprentissage): service de restauration, amphithéâtre, voiries, espaces verts, électricité, eau et chauffage. Dès son installation, l’agent comptable met en place des comptabilités annexes « autonomes » pour la gestion des divers établissements et des services rattachés à l’établissement principal. En 1972 cette gestion autonome des Services généraux sera transférée à l’ENFA.

  • Le lycée d’Auzeville a dès sa création le statut de lycée agricole départemental, répondant ainsi au schéma des lois de Juin – Juillet 1960 portant sur l’enseignement secondaire agricole.

Ses structures pédagogiques présentent des spécificités, notamment :

  • la part importante réservée aux filières généralistes et technologiques par rapport aux filières professionnelles. Ainsi, trois classes de seconde, une filière BTA Généraliste, un Baccalauréat D’ sont présents dès la rentrée scolaire 1968.
  • la prééminence des formations post-baccalauréat : aux deux filières BTSA Productions végétales et Economie et technique de l’entreprise agricole et à la classe préparatoire aux ENITA fonctionnant également dès 1968, viennent s’ajouter en 1979 la classe préparatoire aux ENSA (Préparation Agro.) puis à la rentrée scolaire 1991 la filière BTSA Analyses agricoles biologiques et biotechnologiques (ANABIOTEC) précédemment implantée à l’ENFA, enfin en 1996 la classe préparatoire d’entrée en licences Biologie et technologie des agro-systèmes (BTAS) et Technologie mécanique des agroéquipements (TMAE).

Ces spécificités sont la conjugaison de l’héritage des enseignements dispensés par le lycée agricole d’Ondes et de la proximité du réseau de formation émanant du pôle universitaire (Université des sciences Paul Sabatier), des écoles d’enseignement supérieur (ENFA, Ecoles d’ingénieurs et Ecole vétérinaire), des centres de recherches (INRA) et d’expérimentation (Station inter-instituts, Service de la Protection des végétaux).

Elles se trouvent confortées par le vivier de recrutement d’élèves et d’étudiants issu du milieu urbain et périurbain environnant.

 

Ces structures pédagogiques évoluent ensuite en fonction des orientations et modifications conduites par le Ministère de l’agriculture, en particulier :

 

  • l’élévation continue du niveau de formation de l’agriculteur et sa préparation à des tâches nouvelles (gestion, commercialisation), la prise en compte de l’agro-alimentaire, la participation à l’entretien et à la promotion de l’espace rural.

Ainsi, ces reformes entrainent la création à Auzeville de diverses filières:

 
 

 

  •  une quatrième classe de seconde en 1993, les filières
  • Baccalauréat général D’, BTSA ANABIOTEC et les classes préparatoires précédemment évoquées.
  • la filière BTA Connaissance et commercialisation des produits horticoles (CCPH) en 1987 et le Baccalauréat technologique Sciences et technologies du produit agroalimentaire (STPA) en 1994.
  • l’ensemble des filières des Aménagements paysagers (CAPA, BEPA, BTAO) d’abord implantées au Collège.
  • la réorganisation des niveaux de formation : précédemment régi par le Décret du 20 Août 1964 qui structure la formation secondaire en trois cycles (cycle I préparant en trois ans au BAA ; cycle II préparant en trois ans au BEA ou en quatre ans au BATA ; cycle III préparant en quatre ans au BTA) auxquels s’ajoute le cycle supérieur BTSA, l’enseignement agricole est réorganisé en deux cycles par Décret du 9 Juillet 1968 : un enseignement technique court avec le CAPA en trois ans et le BEPA en deux ans et un enseignement technique long avec le BTA et le Baccalauréat D’, l’enseignement supérieur BTSA demeurant par ailleurs.

C’est dans ce nouveau cadre qu’à Auzeville :

 

  1.   le BTA généraliste (BTAG) et les divers BTA à options (BTAO) : Conduite de l’exploitation de polyculture élevage (CEPE), Jardins et espaces verts (JEV), Connaissances et commercialisation des produits horticoles (CCPH) remplacent progressivement le BTA à partir de 1971.
  2. les CAPA et BEPA se substituent au BAA et au BPA au collège.

 

Parallèlement à l’évolution due à ce cadre général, plusieurs modifications interviennent dans les modalités de recrutement, le contenu des programmes, les débouchés professionnels et poursuites d’études possibles à l’issue des formations. Ceci se traduit à Auzeville par:

 

  • la transformation en 1985 du BTSA PV en TV (Technologies végétales) puis l’évolution du BTSA ETEA d’abord en TAGE (Techniques agricoles et gestion de l’entreprise) en 1970 puis en ACSE (Analyse et conduite des systèmes d’exploitation) en 1990.
  • La fermeture de la SPENITA et l’ouverture simultanée de la classe préparatoire Post BTS-DUT en 1989.

D’autre part, l’importante réflexion pédagogique initiée à la fin des années 1970, en grande partie basée sur l’expérimentation FOCEA et les travaux de l’INRAP, débouche en 1985 sur une révision des contenus des programmes et des modalités d’enseignement (enseignement modulaire, enseignement par objectifs, pluridisciplinarité). De même, est instauré un contrôle continu en cours de formation participant à la délivrance des diplômes finaux.

 

L’harmonisation des cycles de formation et des diplômes avec ceux de l’Education nationale initiée par la loi du 9 Juillet 1984 pour l’enseignement agricole public et les divers décrets d’application qui suivront, s’illustre à Auzeville par :

 

  • la rénovation de la filière Seconde générale et technologique en 1992 et du Baccalauréat D’ qui deviendra Baccalauréat S en 1995.
  • l’harmonisation de la classe préparatoire Agro avec la BCPST en 1995, qui deviendra BCPST – VETO en 2004.
  • le remplacement progressif des BTA en Baccalauréats technologiques à partir de 1993 et de certains BTAO en Baccalauréats professionnels à partir de 1996.

L’évolution des structures pédagogiques du lycée d’Auzeville connait également des périodes clés, résultante de volontés précises de l’administration centrale ou régionale, ou de projets initiés par les directeurs et les équipes administrative et pédagogique en place.

Il en est ainsi de :

  • la suppression et l’intégration, à compter du 1er Janvier 1981, du collège agricole féminin, devenu entre temps en 1979 lycée d’enseignement professionnel agricole et horticole (LEPAH).
  • le transfert de la filière professionnelle BEPA Travaux paysagers au lycée agricole d’Ondes en 1996.
  • l’accueil des deux filières de classes préparatoires du lycée toulousain Ozenne de l’Education nationale : d’abord Technologie – Biologie réservée aux bacheliers technologiques STL, STAE et STPA en 2000 puis BCPST en 2002. Ce transfert renforce le pôle des classes préparatoires BCPST, Post BTS-DUT et Prélicences existant déjà sur le site.

Les évolutions ainsi décrites provoquent l’augmentation des effectifs d’élèves et étudiants présents.

En 1968, le lycée compte 300 élèves inscrits et le collège 100. Depuis le milieu des années 1990, l’effectif de l’établissement oscille dans une fourchette allant de 620 à 650 élèves et étudiants auxquels s’ajoutent les 100 à 120 étudiants préparationnaires du lycée Ozenne scolarisés sur le site.

Une partie importante des élèves du secondaire (seconde, premières et terminales) et la quasi-totalité des étudiants des classes préparatoires sont logés en internat car l’aire de recrutement est vaste, dépassant très largement les limites de la région. Les bâtiments d’internat permettent ainsi d’accueillir en semaine plus de 300 garçons et filles, les étudiants préparationnaires restant également le week-end.

Dès sa création le lycée présente de très bons résultats aux examens et concours, conséquence d’un recrutement qui n’a jamais fait défaut et de l’implication des équipes pédagogiques dont la préoccupation majeure est la réussite des élèves et étudiants présents.

Ainsi, une année « normale » a un taux de réussite variant de 80 à 88%, tous examens et concours confondus. Au baccalauréat général S, diplôme similaire à celui de l’Education Nationale, ce taux atteint régulièrement 92 à 100%, faisant que l’établissement figure régulièrement au palmarès des cinq meilleurs lycées du département de la Haute Garonne pour cette série.

 

Il est enfin nécessaire d’évoquer la question des bâtiments et des équipements mis à la disposition des élèves, du personnel enseignant, administratif et de service.

L’ensemble immobilier réalisé par les architectes A. Remondet et P. de Noyers se caractérise par de nombreux bâtiments (quarante deux pour l’ensemble du complexe, répartis entre l’IGA, l’ENFA, le lycée, le collège et les Services généraux pour plus de 22000 m2 de surface développée). Ces constructions souvent constituées d’un seul rez-de-chaussée (mis à part les internats) sont entourées d’espaces verts. Disséminées sur un vaste territoire, elles sont reliées par un système de voirie étroite à l’usage des véhicules et de galeries couvertes pour les piétons. Les façades, recouvertes d’un parement de briques alternant avec le béton brut peint, sont percées de fenêtres de largeur différente rompant ainsi l’uniformité de l’ensemble.

Si leur implantation et conception architecturale ont parfois été controversées sur le plan esthétique, elles ont surtout généré des inconvénients liés à la dispersion des services, des classes et des élèves. Cette configuration a également amené quelques difficultés dans la gestion des réseaux d’eau, de chauffage, d’électricité et informatique qui s’est immanquablement révélée très complexe. Enfin, les toitures terrasses n’ont pas toujours présenté l’étanchéité requise. Il en va de même des parements de briques dont la liaison avec les murs en béton constitutifs de l’ossature des constructions s’est avérée assez rapidement défectueuse.

 

On peut déplorer que pendant de nombreuses années, les travaux d’entretien, d’aménagement des locaux existants voire la construction de nouvelles structures aient été pratiquement inexistants.

Ce n’est qu’à partir du début des années 1990 que divers travaux sont entrepris par tranches successives. Ils doivent répondre à la fois à l’augmentation des filières et des effectifs du lycée (+ 166 élèves entre les rentrées scolaires 1987 et 1992), aux nouvelles pratiques pédagogiques (nécessité de laboratoires scientifiques, laboratoire de langue, CDI et centre de ressources) et de vie scolaire (internat en chambre-étude remplaçant les dortoirs, foyer socio-éducatif), à l’installation et au développement du Centre d’apprentissage à partir de la rentrée scolaire 1991, à la présence et à la diversification des activités du CFPPA.

 

En 1992, un schéma directeur de restructuration globale de l’EPLEA est élaboré par l’établissement et présenté au Conseil régional Midi – Pyrénées. Ce dispositif propose de créer deux pôles distincts à partir des locaux existants: l’un dévolu à la formation initiale situé dans la partie « basse » du lycée, l’autre consacré à la formation continue et à l’apprentissage installé dans les locaux initialement occupés par le collège féminin et de construire de nouveaux locaux.

  • L’ensemble des travaux durera quinze ans :Entre le 1er Mars et le 1er Septembre 1993 une première tranche de 12 millions de francs permet la rénovation des réseaux primaire et secondaire de chauffage, celle du bâtiment 28 (internat pour les classes préparatoires), la construction du laboratoire de Microbiologie – Biochimie (bâtiment 21bis) rendue nécessaire par la présence du BTSA ANABIOTEC, l’installation de la sécurité incendie et la réfection des toitures  terrasses
  • Afin d’assurer l’enseignement scientifique aux diverses filières de l’établissement puis de préparer au mieux la venue des classes préparatoires du lycée Ozenne, un ensemble important de travaux est ensuite entrepris au niveau des bâtiments et équipements des laboratoires : rénovation et extension du Bâtiment 21 (sciences biologiques et physiques), restructuration des laboratoires du bâtiment 23 (biologie, microbiologie), construction du bâtiment 21ter (laboratoire de biologie, salles de TIPE et de colles, bibliothèque).
  • A la rentrée scolaire 2000, la résidence universitaire « Borde Grande » est inaugurée. Initialement gérée par le CROUS de Toulouse, elle accueille les étudiants des classes préparatoires et ceux de BTS.
  • En 2002, le nouveau bâtiment administratif accueille les services administratifs, l’agence comptable, l’infirmerie, ainsi que le CDI et les locaux dédiés aux enseignants (salles des professeurs, bureaux des ingénieurs, salles de travail). C’est dans ce bâtiment que la salle de réunion est baptisée du nom du fondateur du complexe : Daniel Brisebois.

  

 

                                                           Bâtiment administratif du lycée

 

  • Les trois années qui suivent (2002 – 2005) voient la restructuration complète des bâtiments pédagogiques et du service Vie scolaire (bâtiments 20, 22 et 26), celle du Foyer des élèves (bâtiment 24),la construction d’un préau et celle du CDI (bâtiment 47).

Dans le même temps un préau est crée à l’entrée du CFA puis le bâtiment 16 est agrandi et entièrement rénové pour accueillir l’administration de la formation continue et de l’apprentissage ainsi que les locaux des formateurs.

  • La dernière phase des travaux voit la construction du pôle technologique (ateliers d’entretien, atelier et salles d’enseignement du machinisme et de l’agronomie, miellerie et magasin de vente, bureau d’exploitation) en 2007, puis celle d’un nouveau gymnase l’année suivante.
  • A cet ensemble propre à l’établissement il convient d’ajouter les travaux lourds menés conjointement avec les services généraux du complexe : réfection de tous les réseaux primaires enterrés de chauffage, restructuration des cuisines et du restaurant.

L’année 2008 voit donc se terminer un long processus de réhabilitation, restructuration, agrandissement des bâtiments et locaux permettant aux élèves, étudiants, apprentis et stagiaires ainsi qu’à l’ensemble du personnel de travailler dans un cadre adapté et agréable.

 

2.2 L’apprentissage et la formation professionnelle

 

La mise en place de ces dispositifs de formation résulte des dispositions du Décret du 15 Février 1969 qui rattache administrativement au lycée d’Auzeville :

 

- le collège agricole féminin d’Auzeville. Ce centre deviendra LEPAH en 1979 avant d’être supprimé et intégré au lycée à compter du 1er janvier 1981

- les centres de formation professionnelle agricole de Boulogne sur Gesse (qui sera rattaché au Collège agricole masculin de St Gaudens au 1er janvier 1972) et de Toulouse – Nord (qui sera supprimé par arrêté à la rentrée scolaire 1969 – 1970).

- le CFPPA d’Auterive

- la section de formation professionnelle agricole (ex. FPA) d’Auterive.

 

Le Décret du 11 Février 1970 complète cette liste par l’adjonction des:

 

- CFPAJ de Villefranche de Lauragais

- CFPPA d’Auzeville, le site accueillant dès leur transfert d’Ondes en 1968 les formations BTA et BTS « Promotion sociale ».

 

2.2.1 L’apprentissage.

La création du Centre de formation d’apprentis agricoles d’Auzeville (CFAA) est officialisée par la convention signée le 1er Janvier 1987 entre le Conseil régional Midi Pyrénées et l’organisme gestionnaire : l’EPL d’Auzeville. La convention prend effet rétroactivement à compter du 1er Septembre 1986. Le siège administratif du CFAA est initialement localisé à Villefranche de Lauragais dans des locaux mis à disposition par la mairie.

Ce lieu accueillait jusque là un CFPAJ et un Foyer de progrès agricole.

Les formations alors mises en œuvre par le CFA débouchent sur les CAPA en 2 ans (Conducteur des machines de l’exploitation agricole ; Employés horticoles : Cultures légumières, Floriculture, Pépinières, Jardins et espaces verts ; Employé d’exploitation agricole de polyculture – élevage) ainsi que sur des formations connexes en 1 an dans les domaines de la Conduite des machines de l’exploitation agricole et de l’Horticulture.

Ces formations sont assurées dans les locaux du CFA à Villefranche de Lauragais mais aussi dans les différentes antennes réparties dans le département : école primaire d’Aucamville, CFPPA d’Auterive (pour la partie machinisme) et d’Ondes (pour la partie agricole), CES Nord de Muret.

 

La convention est signée pour un effectif d’apprentis se situant entre 80 et 120.

 

Après la suppression en 1981 du CFPAJ, seul reste à Villefranche de Lauragais le CFA avec son siège administratif et une partie de ses formations. Le reste des enseignements est assuré sur les sites d’Auterive, Auzeville, Muret et Revel.

 

Fin 1989, le départ à la retraite du Directeur Mr Olmos et le non renouvellement de ce poste par le Ministère de l’agriculture engendre, en termes de gestion, une période très difficile. L’intérim est d’abord assuré par le Proviseur-adjoint du lycée mais deux ans après, l’EPL doit prendre en charge le poste sur son budget. De plus, les effectifs habituellement voisins de 90 apprentis connaissent un déclin important à partir de 1988.

En 1990, cette situation délicate et la volonté de restructurer l’EPL expliquent en grande partie la fermeture de la plupart des antennes et le regroupement des apprentis sur trois sites (Villefranche de Lauragais, Muret et Auzeville) ainsi que le transfert du siège du CFA à Auzeville dans des bâtiments existants, précédemment occupés par les formations issues du LEPAH.

 

A partir de cette date et pendant 10 ans, plusieurs éléments importants marquent alors l’évolution du CFA, en particulier :

  • L’augmentation, la diversification et l’élévation du niveau des filières de formation. Ces éléments se traduisent par:
  • la fermeture en 1991 d’une classe préparatoire à l’apprentissage et l’ouverture en 1993 d’une CLIPA (Classe d’initiation préprofessionnelle en alternance).
  • le maintien difficile des formations dans le domaine de la production agricole avec la fermeture des CAPA correspondants dès 1991 et l’ouverture du Baccalauréat professionnel Conduite et gestion de l’exploitation agricole en 1996.
  • le renforcement des formations dans le domaine de l’horticulture et des aménagements paysagers avec le regroupement des CAPA correspondants dès 1991, l’ouverture d’un BEPA Travaux paysagers en 1992, d’un Baccalauréat professionnel Travaux paysagers en 1998 et d’un BTS Aménagements paysagers en 2003.
  • la mise en place de formation dans le domaine commercial : BTSA technico – commercial Horticulture en 1991, puis Fruits et légumes en 1994, BEPA Vente d’animaux de compagnie en 1994 remplacé par un Baccalauréat professionnel « Technicien conseil vente en animalerie » en 2001.
  • L’implication, dès 1991, du CFA dans les programmes nationaux et locaux d’aide à l’insertion professionnelle. Ces  activités répondent à l’une des quatre missions définies par la loi du 9 Juillet 1984 : celle d’animation du milieu. D’abord centrées sur le site de Villefranche de Lauragais et de Revel (dont les locaux sont libérés par le transfert des formations par apprentissage à Auzeville), elles sont ultérieurement également mises en œuvre sur le site de Dreuilhe près de Revel et s’adressent essentiellement à un public jeune ou adulte dans ses démarches de recherche d’emploi.

Ces actions « d’insertion en milieu rural » monteront ensuite fortement en puissance, en s’adaptant continuellement aux évolutions du marché du travail et au contexte réglementaire correspondant. Elles existent aujourd’hui encore, même si le CFA a laissé leur pilotage et la responsabilité de leur gestion au CFPPA d’Auzeville dès le 1er janvier 2001.

  • L’augmentation du nombre d’apprentis (passé de 56 en 1991 à 117 en 1994, 155 en 1997, 220 en 2002 et 285 en 2008), auxquels s’ajoutent les élèves scolarisés en CLIPA (de 15 à 18 chaque année) et les stagiaires en insertion (entre 150 et 250 stagiaires chaque année sur les trois sites de Caraman, Revel et Villefranche de Lauragais pour des stages de durée très variable).

Cette augmentation substantielle d’activités a obligé le CFA à développer un réseau et un partenariat très importants avec les entreprises support de stage et de formation. Elle a également conduit le Conseil Régional Midi Pyrénées à s’engager, entre 2002 et 2004, dans un important programme de rénovation de l’ensemble des bâtiments dédiés à l’apprentissage.

  • L’augmentation significative du nombre de formateurs et de personnels administratifs pour répondre aux besoins des diverses actions engagées.

 

A partir de 2000, le centre d’apprentissage continue à s’adapter au contexte économique et professionnel local. Cette évolution est notamment marquée par :

  • La confirmation du développement du secteur Jardins espaces verts et aménagements paysagers avec le doublement du BEPA Travaux paysagers à la rentrée 1999, la montée en puissance du Baccalauréat professionnel Travaux paysagers et le dédoublement de ses classes depuis la rentrée scolaire 2005 dû notamment à la mise en place du BTS correspondant

 

                                                                                   

Espace paysager

  • Les difficultés persistantes constatées dans le recrutement des filières de production agricole amènent l’absence de recrutement en BEPA « Conduite des productions agricoles » dès la rentrée scolaire 2001 et limitent à quelques apprentis l’effectif inscrit en Baccalauréat professionnel « Conduite et gestion de l’exploitation agricole », ceci de façon récurrente depuis sa création en 1996. Cette situation conduit le Conseil régional Midi Pyrénées  à supprimer définitivement ce BEPA à la rentrée scolaire 2008 puis ce baccalauréat professionnel à la rentrée 2009.

Aujourd’hui l’activité du CFA d’Auzeville est essentiellement tournée vers le secteur des aménagements paysagers avec des formations allant du BEPA au BTS et un projet d’ouverture d’une licence professionnelle. Les formations liées à la production agricole n’existent plus si ce n’est le maintien d’un CAPA Productions horticoles très marginal en terme d’effectif. Enfin le secteur commercial avec les produits alimentaires, les végétaux d’ornement et l’animalerie a toujours beaucoup de peine à se développer.

 

2.2.2 La formation continue.

A Auterive où le CFPA est rattaché au lycée par décret du 15 Février 1969.

du 15 Février 1969. Le CFPA de Toulouse Nord sera supprimé par décret à la rentrée scolaire 1969 – 1970 et celui Boulogne sera rattaché au Collège agricole masculin de St Gaudens au 1er janvier 1970.

A Boulogne sur Gesse et à Toulouse Nord où le CFPA est rattaché au lycée par ce même décret.

 

En résumé, seuls les deux sites d’Auterive et d’Auzeville ont véritablement été les supports de la formation professionnelle.

Même si ces deux CFPPA développent des activités dans des domaines différents, tous deux doivent par contre s’adapter continuellement aux évolutions permanentes de l’environnement législatif et réglementaire avec notamment :

- la loi du 3 Décembre 1966 qui permet de développer les formations longues et la création en 1967 du BPA nouveau régime, diplôme ouvrant l’accès depuis Septembre 1960 aux prêts spéciaux destinés aux jeunes agriculteurs.

- le décret portant création, en 1974, de la « capacité professionnelle », diplôme indispensable pour bénéficier des aides de l’Etat à l’installation.

- les lois de décentralisation de 1982.

- la loi du 9 Juillet 1984 définissant les quatre missions de l’enseignement agricole public notamment celle de la formation continue et le Décret du 29 Décembre 1985 structurant les établissements en EPLEFPA.

- la possibilité d’obtenir, dès 1989, des diplômes par unités capitalisables (UC).

  • En conséquence, le CFPPA d’Auzeville a progressivement :
  • diversifié ses niveaux de formation, ajoutant au BTA et BTSA initiaux, plusieurs BPA et BTSA ainsi que des Certificats de spécialisation (CS) post BTSA.
  • diversifié les partenariats avec de nouveaux secteurs professionnels, en particulier ceux des aménagements paysagers, de la commercialisation, de la gestion et de l’informatique.
  • abordé les services d’aide et d’appui aux entreprises agricoles et agroalimentaires.
  • diversifié, par nécessité, ses sources de financement avec la prise en charge de la formation continue par les conseils régionaux palliant partiellement le désengagement progressif de l’Etat à partir du milieu des années 1990. D’autres ressources sont venues de l’élargissement des compétences des divers fonds de formation des entreprises et des salariés des domaines agricoles et agroalimentaires. Il a été fait également appel à la participation individuelle directe des stagiaires.
  • été le support et l’organisateur, dès le début des années 1990, des actions d’insertion en milieu rural menées sur les trois sites de Caraman, Dreuilhe (près de Revel) et Villefranche de Lauragais. De nombreux stages non qualifiants, généralement de courte durée et destinés à divers publics jeunes et adultes dans leur recherche d’emploi, sont alors mis en œuvre suite aux appels d’offre annuels lancés par l’Etat et les collectivités locales : région, département et mairies.
  • a également été le relais, pendant de très nombreuses années, du Centre National de Promotion Rurale (CNPR) de Clermont Ferrand – Marmilhat, accueillant les sessions de regroupement des stagiaires préparant par correspondance le BTSA Technologies végétales et hébergeant deux animatrices du réseau Tutolangues.

Pour mener à bien toutes ces acticités, le CFPPA d’Auzeville n’a jamais disposé de locaux mais toujours fonctionné dans ceux mis à sa disposition par le lycée, y compris dans le cadre du schéma directeur de restructuration globale élaboré par l’EPL et présenté au Conseil régional en 1992.

Ces bâtiments ont néanmoins bénéficié de nécessaires travaux d’entretien tels que l’étanchéité et l’isolation des toitures – terrasses et la consolidation des parements de façades réalisés dans les années 1990 sur l’ensemble des constructions. Ils seront ensuite en grande partie rénovés avec ceux du CFA dans la période 2002 – 2004.

  • Situé à 25 km. d’Auzeville, le CFPPA d’Auterive présente de son côté des caractéristiques très différentes à tel point qu’il est couramment appelé CFPPA « des champs » par opposition au CFPPA « des villes » d’Auzeville.
  • D’abord hébergé dans des locaux mis à disposition par la mairie d’Auterive, le CFPPA fonctionne ensuite dans un bâtiment neuf, construit entre 1972 et 1974 à l’aide d’un financement conjoint Etat - Conseil régional. Il est édifié sur un terrain cédé par la commune.
  • Dès le départ, le CFPPA d’Auterive centre ses activités vers la production agricole avec une formation conduisant au BPA et d’autres permettant la délivrance de la capacité professionnelle. Ces formations existent encore aujourd’hui.

Cette orientation est renforcée par la présence dans ses locaux des conseillers agricoles du secteur et des permanences locales des organismes professionnels agricoles : Centre de gestion, SAFER, MSA.

Ultérieurement, pour compenser le déclin des formations agricoles et la mise en œuvre concurrentielle de plusieurs d’entre elles (BPA et BPREA) par le CFA/CFPPA « Piemont - Pyrénées » de St Gaudens, le CFPPA doit diversifier son offre de formation en s’investissant dès 1992, comme à Auzeville, dans le secteur des aménagements paysagers puis dans ceux de l’élagage, de l’entretien des cours d’eau et aménagements des berges de rivière ainsi qu’en développant des stages de lutte contre l’illettrisme.

  • Enfin, le  CFPPA a longtemps été une des antennes du CFA, notamment pour les formations agricoles, d’abord CAPA puis BEPA et Baccalauréat professionnel, accueillant en particulier les apprentis dans son atelier de mécanique.

23 L’exploitation annexée

Cette convention trentenaire de mise à disposition gracieuse des terrains et bâtiments est signée en Septembre 1970. De ce fait, la surface restant réellement à la disposition de l’exploitation annexée se trouve ramenée à 41Ha75 dont 39Ha40 de SAU.

L’exploitation prend en charge ce domaine en 1968. Un vieux corps de ferme, dénommé Beguet, datant du milieu du 19ème siècle y subsiste. Les terres sont quasiment restées en friche depuis 5 ans (début de l’expropriation). Le contre canal est bordé par une bande de broussailles de 20 mètres de large sur une longueur 1200 mètres.

Les premières années d’exploitation permettent de restructurer et d’homogénéiser les sols grâce à divers travaux d’amélioration foncière:

- 1969 : Nivellement des parcelles et arrachage d’arbres. Curage de fossés. Drainage.

- 1970 : Nivellement. Débroussaillage

- 1973 : Drainage de la parcelle expérimentale ITCF (Institut Technique des Céréales et des Fourrages).

- 1977 et 1979 : Recalibrage des fossés et drainage de 15 Ha supplémentaires.

 

Pour compléter le vieux corps de ferme de Beguet un hangar métallique de 240m2 est construit en 1971. Il est utilisé pour abriter le matériel d’exploitation et pédagogique, l’animalerie pédagogique et le car du lycée.

Dans les projets présentés en 1967, l’exploitation agricole doit comporter, outre les productions végétales, un troupeau de vaches laitières Frisonne Pie Noire et un atelier porcin pour la production de porcelets reproducteurs et de porcs charcutiers.

En fait, la réduction initiale de sa SAU pour les besoins expérimentaux de l’INRA et l’importance de l’habitat urbain environnant défavorable à l’installation des productions animales (notamment l’atelier porcin nécessitant une réponse favorable à l’enquête « comodo-incomodo ») oriente dès le départ l’exploitation vers :

  • des productions exclusivement végétales représentatives de la petite région agricole à vocation essentiellement céréalière.
  • un programme d’expérimentations basé sur ce type de cultures (compte rendu de la commission d’exploitation du 12 Octobre 1979).

Ces orientations répondent également à la nécessité, qui s’impose à cette exploitation nouvellement venue dans le secteur, de s’insérer dans le milieu agricole départemental.

 

Les premières expérimentations sont réalisées dès 1969 avec le Syndicat Professionnel de l’Industrie des Engrais Azotés (SPIEA).

Puis, par convention décennale (du 1.1.1971 au 1.1.1991), 5Ha70 de terres sont mis à disposition de l’ITCF pour réaliser une expérimentation portant sur les techniques de travail su sol.

Cette expérimentation agrège par ailleurs une importante série d’essais de  l’ITCF (essais variétés, essais désherbage) et du Service de la Protection des Végétaux (essais d’homologation de produits phytosanitaires). Elle favorise aussi d’étroits contacts entre l’enseignement agricole et les organismes de développement, les établissements semenciers et les firmes phytosanitaires. Elle est en outre un excellent support pédagogique pour les formations du lycée, en particulier celle menant au BTS Productions végétales. Ces liens étroits entre le lycée et l’ITCF continueront à exister bien après le départ de l’ITCF à Villenouvelle et l’implantation de la station inter-instituts constituée de l’ITCF, de l’Association Générale des Producteurs de Maïs (AGPM) et de l’Association de Coordination Technique Agricole (ACTA) à Baziège dans le Lauragais.

 

Sous la conduite des chefs d’exploitation successifs, Charles Mazières en 1968 puis Daniel Sintès et Joseph Desbarax à partir de 1985, de nombreuses autres expérimentations sont réalisées sur les terres de l’exploitation, notamment :

 

  • un essai longue durée de fertilisation N–K sur 0Ha90 dès 1978 en relation avec l’INRA et la Société Commerciale des Potasses d’ Alsace (SCPA).
  • la reconnaissance comme correspondant local du réseau RNED (Réseau National d’Expérimentation et de Développement) Céréales pour la zone Aquitaine – Midi Pyrénées.
  • l’expérimentation « Influence du précédent cultural sur blé » en 1979 en relation avec le SUAD 31 (Service d’Utilité Agricole et Développement de la Chambre d’Agriculture de la Haute Garonne).
  • l’expérimentation « Techniques de semis sorgho » avec l’ITCF.
  • l’expérimentation « Utilisation des boues de station d’épuration », entre 1979 et 1981, avec le SUAD 31 et l’Agence de Bassin Adour Garonne.
  • l’expérimentation « Télédétection des ressources terrestres » avec le Centre National d’Etudes Spatiales et Rayonnement (CNESER) et l’Université des Sciences Paul Sabatier (UPS) de Toulouse en 1979-1980.

Parallèlement, la convention de Septembre 1970 signée avec l’INRA développe des liens étroits entre les ingénieurs, ouvriers et techniciens du lycée et ceux du centre de recherche. Elle acte la mutualisation de leur matériel de culture, des interventions des chercheurs dans les enseignements donnés aux étudiants de BTS Productions végétales. Ces interventions pédagogiques se dilueront malheureusement assez rapidement avec le temps.

dès le milieu des années 80, le contexte économique propre aux grandes cultures conduit l’ensemble des agriculteurs à gérer de manière plus rigoureuse les intrants utilisés. Pour répondre à ces préoccupations auxquelles elle est également sensible, l’exploitation du lycée s’attache alors à orienter son système de production vers des pratiques plus raisonnées, à plus faible niveau d’intrants, pour dégager les marges financières nécessaires à son fonctionnement.

 

Parcelle expérimentale

C’est également dans cet esprit de gestion économe mais aussi respectueux de l’environnement et rapidement adaptable aux fluctuations socio-économiques, que la station d’Agronomie de l’INRA, en lien avec celle d’Amélioration des Plantes, installe en 1995 un dispositif pluriannuel expérimental dit SGCI (Système de Grandes Cultures Intégrées) sur 30Ha pris pour partie sur le foncier sous convention et pour autre sur le foncier conduit par le lycée. Ce dispositif, structuré en parcelles de 1 à 1,5Ha, porte des cultures de blé tendre et blé dur, maïs, sorgho, pois, féverole, tournesol et soja. Il met en œuvre trois systèmes de culture, chacun décliné en trois variantes. Il durera jusqu’en 2003, l’exploitation y étant impliquée par son foncier, mais aussi par le suivi et la valorisation pédagogique des résultats obtenus.

 

La faible surface et la situation périurbaine très marquée de l’exploitation l’amènent rapidement à faire évoluer son système de production vers :

  • la mise en place d’une diversification des productions, à base d’ateliers nécessitant peu de surface:
  • création en 1985 d’un atelier apicole. Conçue au départ par un enseignant de biologie Alain Denhez (qui deviendra le responsable d’exploitation en 1996), cette structure a d’abord le statut d’atelier pédagogique support des formations scolaires du BTA rénové (modules de qualification professionnelle) avant d’être rattachée à l’exploitation en 1991. Son implication dans les formations initiales scolaires cesse lors de la transformation progressive des BTA en Baccalauréats technologiques entre 1993 et 1995, mais elle est encore aujourd’hui réelle dans les formations professionnelles pour adultes (BPREA) assurées au CFPPA d’Auterive dès 1996.
  • création en 2001 d’un atelier avicole permettant l’élevage de deux bandes annuelles de poulets fermiers puis de chapons dont une partie de l’alimentation provient de l’exploitation.
  • la conversion de certaines parcelles de conduites culturales à faibles niveaux d’intrants ou « agriculture raisonnée » en agriculture biologique. Ainsi, 4,5Ha sont reconvertis dès 1992, pour produire notamment du blé et du soja, en partie valorisés dans l’alimentation des volailles.
  • la transformation et la commercialisation directe des produits de la ferme : miel et produits dérivés (dont l’hydromel), productions maraichères (pomme de terre et oignons), productions avicoles. Cette commercialisation, qui se fait initialement dans les locaux très modestes de l’exploitation, évolue en 2007 avec la mise en service d’un véritable magasin de vente. Elle s’adresse essentiellement à une clientèle locale et bien sûr aux parents d’élèves. Cette activité est souvent confiée à un animateur recruté sur le budget de l’exploitation.

En outre, dans les années 1990, l’évolution de l’agriculture consignée dans son nouveau cadre législatif et réglementaire conduit l’exploitation à:

  • s’engager, en Décembre 1999, dans une démarche d’agriculture durable définie par 3 objectifs :
  • efficacité économique par la production de biens et de services
  • développement de l’emploi à travers la diversification
  • gestion et préservation des milieux naturels
  • signer, en Avril 2001, un CTE (Contrat Territorial d’Exploitation) fondé sur :
  • la transformation et la valorisation de ses productions par la vente directe
  • le maintien et la création d’emploi, l’intérêt pédagogique
  • le maintien de la biodiversité animale et végétale, l’amélioration paysagère et la gestion environnementale (haies et bandes enherbées)

Toujours en recherche de solution pour assurer son fonctionnement, l’exploitation réactualise en 2000 la convention trentenaire qui la lie à l’INRA. Cette action a pour objectif de mettre en valeur de façon autonome une surface agricole plus importante et de retrouver la pleine utilisation de la ferme de Borde Rouge, puisque l’INRA réduit de son côté ses besoins en expérimentations au champ.

 

            De ce fait, en 2008, soit 40 ans après sa création, l’exploitation répond aux trois missions fixées par le Ministère de l’Agriculture: pédagogie, production, expérimentation :

  • en ce qui concerne le volet pédagogique elle sert de support à l’enseignement aux élèves notamment des classes de BTS ACSE et TV, Secondes, Baccalauréats technologiques, ainsi qu’aux stagiaires du CFPPA et aux apprentis du CFA.
  • pour ce qui est du volet production, elle exploite environ 80Ha dont 27Ha sous convention avec l’INRA pour la réalisation des programmes de recherche de ce centre.

Sur les 53 Ha restants, 18 Ha sont conduits en Agriculture biologique, le reste en système raisonné.

            L’atelier apicole, avec son cheptel moyen de 270 ruches et une production moyenne annuelle de 7 tonnes de miel, représente l’activité économique la plus importante.

            L’atelier avicole produit chaque année 1800 poulets élevés en plein air.

            Depuis la rentrée scolaire 2007, un atelier maraîchage de 5000 m² équipé de deux serres tunnel produit des fleurs et des légumes de saison. Cet atelier, intégralement pris en charge de la production à la vente par des élèves de  classes de Seconde encadrés de leurs enseignants techniques, doit se diversifier dès l’année suivante avec des productions d’horticulture ornementale.

 

            Depuis Décembre 2007, l’exploitation utilise des locaux neufs avec une miellerie et ses locaux annexes, un hangar, un laboratoire, des bureaux et un magasin de vente de 60m². Celui-ci permet la commercialisation directe :

  • des produits de ses propres ateliers : poulets fermiers, œufs, miel et dérivés, légumes de saison, fleurs et plants.
  • des produits venant des exploitations d’autres lycées agricoles de Midi Pyrénées.

Enfin, concernant le volet expérimental, l’exploitation poursuit ses différents partenariats tels que :

  • Réseau « Adventices » avec le Service de Protection des Végétaux.
  • Partenariat avec la Chambre d’Agriculture 31 (réunion bout de champs bio, réseau de référence…)
  • Essai « Désherbage Tournesol » avec la FREDEC
  • Essai variétal Tournesol avec la firme semencière Pioneer
  • Essai « Cultures en association » avec l’INRA de Toulouse-Auzeville
  • Expérimentation sur l’effet de la molécule active du produit phytosanitaire Cruiser sur abeille avec la Direction Départementale des Services Vétérinaires
  • Référent parcellaire dans le programme de réintroduction des protéagineux en Agriculture Biologique
  • Elevage expérimental de la race locale « Poule noire Gasconne » avec l’Association de la Poule Gasconne, la Conseil Régional Midi Pyrénées et la Chambre Régionale d’Agriculture.
  • Essai variétal tournesol oléique avec la coopérative agricole La Toulousaine de Céréales
  • Partenariat avec le CESAM (Centre de Sélection Apicole de Midi-Pyrénées).

 



Réagir