UN CAHIER D'ECOLE ONDIN RETROUVE, un monument pour un ancien qui a participé à la guerre de 14-18, et en est mort

Benjamin CLAVEL de Saint Antonin Nobleval, ancien élève de l'ERA d'Ondes, mort pour la France.

 

C'est grâce à notre ami Guy VEDELAGO, qui a lu sur la Dépêche du Midi un article relatant la découverte d'un cahier d'école ondin (de l'ERA Ondes) datant de 1917 (Eh oui !), dans une maison à Servanac commune de Saint Antonin Nobleval (82) que nous avons pu consulter ce cahier. Merci Guy pour ce signalement qui m'a permis de rencontrer le propriétaire actuel de ce précieux document, Mr VAYSSE Yves  qui l'a retrouvé et conservé (voir, ci-dessous, copie de l'article de la Dépêche du Midi).

 

Ce cahier  a été écrit par un certain Benjamin CHAVEL, ancien élève d'Ondes, né en 1894 (donc de la classe 1914). Il a combattu et est mort pour la France ( Il est décédé à l'hôpital de Montauban des suites d'une maladie contractée sur le front est-il dit, le 15 septembre 1918) ;  âgé de 24 ans il était  soldat au 11ième régiment d'Infanterie. Ce document (cahier d'école)  a été retrouvé au lieu-dit Les Granges à Servanac, commune de St Antonin.

 

Ce cahier de 190 pages est exceptionnel à deux titres au moins :

 

1 - Il y est fait mention des noms de tous les professeurs de l'époque, ainsi que de toutes les disciplines enseignées, (voir document ci-joint). Très bien écrit et très bien présenté, on y apprend moultes techniques de production et consignes, sur les sols et les engrais, sur les cultures (Physiologie et pathologie végétale), sur les toutes les espèces animales et les races diverses, sur l'hygiène, sur la législation, la comptabilité et l'économie rurale, sur la viticulture, l'horticulture et même l'apiculture. Un monument ! L'enseignement y apparaît d'une grande précision, sur toutes les composantes de l'enseignement agricole de l'époque, et de plus, ce cahier est agrémenté de magnifiques dessins.

 

2 - Dans les pages laissées vierges, entre les différents cours ondins recopiés consciencieusement, Benjamin a noté ses journées de guerre en 1915 et 1916. Ce cahier, dans ses feuillets intercalés,  évoque la vie des soldats au cours de l'année 1915, puis 1916 jusqu'en avril de cette année là; puis plus rien... Le cahier se tait... Comme relaté Benjamin et son bataillon étaient bien présents en février 1915  sur le front, avec le 11e régiment d'infanterie de l'Armée de Terre, à Suippes à la Main de Massiges, et à Perthes Les Hurlus où de nombreux soldats sont tombés... "ayant perdu la moitié du régiment soit 1200 hommes" énonce-t-il sur son cahier. Dur dur ! Son récit se poursuit ensuite plus loin, à Arras et ses environs, dans des tranchées et sous la pluie, avec des bombardements continus, des pluies d'obus et de mitraillettes ennemies quasi quotidiennes, et là encore avec de nombreuses pertes de soldats. Enfin, son cahier de campagne évoque le départ du régiment, de Arras (abandonné aux forces anglaises alliées), énoncant même lors de ce départ "C'est avec grand regret que nous quittons ce beau et bon pays d'Artois..." et son arrivée en Moselle, plus à l'Est. C'est ainsi que dès debut mars 1916, son régiment se retrouve à Nancy et ses alentours, où ici Benjamin évoque plusieurs jours durant le creusement de tranchées, souvent sous le feu ennemi, et où là encore écrit-il "les obus n'ont pas manqué de répliquer..." Puis plus rien, sa plume se tait. Benjamin CLAVEL est-t-il rentré à Montauban dès 1916, blessé ou malade...On ne sait pas. A-t-il alors été élève de l'ERA à partir de 1917 . Encore une énigme... A creuser.

Benjamin avait-il fait suivre ses cours sur le front, ses cours ayant alors été pris à l'école avant 1914, c'est à dire avant ses premiers pas de soldat... Et repris ce cahier pour écrire son carnet de campagne tout au long de son parcours de poilu en campagne... Encore une énigme. Ou peut-être alors, c'est plus judicieux, comme semble l'indiquer la couverture datée de 1917, Benjamin est devenu devenu élève de l'ERA d'Ondes après avoir quitté le front ayant été blessé ou malade, donc rapatrié en Sud-Ouest loin du front. On ne sait pas...

Ce dont on est sûr, c'est qu'il est bien décédé à "l'hopital mixte de Montauban" le 14 septembre 1918 "suite de maladie contractée en service" comme le mentionne son fichier militaire, et qu'il a bien été classé "Mort pour la France"

Ici la couverture de ce cahier de 190 pages

et ci-dessous "La nomenclature", les disciplines enseignées les les professeurs correspondants.

 

 



Les réactions

Avatar Daniel MORIN

Très émouvant, surtout à cette période où la guerre exite tout près de nous sur le sol ukrainien et que les soldats ukrainiens; se battent et meurent ( 2022/23 ) de la même façon en qu'en 1914 /18.. 
Cordialement. D.MORIN 

Le 02-02-2023 à 14:37:03

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